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Johnny Clegg ( 1953-2019), on the road to Phelamanga: la puissance énergétique de la musique et des mots. Savuka: ils se sont levés.

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Un peu tardivement – car à l'annonce de sa mort survenue à Johannesburg le 16 juillet 2019 j'étais pratiquement sans connexion internet – je veux rendre hommage à Johnny Clegg. Si comme moi vous êtes né dans les années 70, vous savez sûrement ce qu'il peut réprésenter – et la tristesse forcément qui nous aura saisis à l'annonce de cette triste nouvelle. Pour moi, il avait la sagesse de dire et d'accepter la complexité du monde loin de toute simplification; et puis surtout il possédait la force sans laquelle cette sagesse ne porte pas de fruit. Je me souviens du clip de 'Scatterlings of Africa': un blanc et un noir sur un rocher rouge qui danse violemment devant le soleil couchant; ils tentent furieusement de faire passer leur pieds par dessus leur tête. Johnny Clegg c'était cette énergie zouloue. A la fin des années 80, les chansons de Johnny Clegg figuraient au top 50. Comme d'autres chanteurs de rock ou de pop. Pourtant, il était tel...

Une République qui tient à l'unique fil de son drapeau, Henri presque V

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Eugène Delacroix, La Liberté guidant le peuple (1830) La chute de Thiers à la fin du mois de mai 1873 devait marquer le début d'une étrange période de l'Histoire de France. L'Assemblée Nationale constituée après l'humiliante défaite de 1870 pour gérer le pays jusqu'au retrait de l'occupant voyait diminuer sa légitimité à mesure que les derniers soldats allemands quittaient le territoire. Elle se trouvait partagée entre l'influence contradictoire des Républicains, des Bonapartistes et des Monarchistes. Mais si les Républicains et les Bonapartistes s'entre-déchiraient, l'entrevue de Frohsdorf, le 5 août 1873, scella l'union des monarchistes, jusque là divisés entre orléanistes et légitimistes, derrière Henri d'Artois comte de Chambord. Le maréchal de Mac-Mahon ayant succédé à Thiers affichait vis à vis des monarchistes une neutralité bienveillante. Le président du Conseil, le duc de Broglie, lui n'avait pas cette rése...

Le livre d'Elmo Original Soundtrack (1)

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Le livre d'Elmo se lit, mais il s'écoute aussi. Il a donc une bande originale. Formée des musiques emblématiques qui accompagnent les principaux personnages du livre au fil de leurs aventures. Je vous en propose aujourd'hui deux extraits. D'abord, ' L'amour qui bat' de Véronique Sanson, une sublime chanson qui intervient dans le livre d'Elmo à travers quatre vers répétés inlassablement: ' Il n'y aura plus de soirée de bal Dans la maison d'Orgeval Plus de son de carnaval Plus rien ' Ces quatre vers, Elmo se les répète comme une litanie propre à susciter le souvenir de ces parfaits mardis soir de son enfance qui se trouvent désormais irrémédiablement enfouis au fond des années 1978, 1979: '  Et le film va commencer et le petit Elmo est heureux sur terre. Ce soir, qui viendra le visiter parmi les grandes plaines ? Randolph Scott, Clark Gable, Old Shatterland, Winnetou, Buffalo Bill? Ou bien alors le flamboyant Errol F...

Bob Morane et Goldorak aux yeux de ma vieille idiotie

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En marchant tout à l'heure dans la rue, me vient aux lèvres, sans prévenir, ce petit bout de 'l'Aventurier': '… Avec l'ami Bill Balantine Sauvé de justesse des crocodiles' Dans toutes ces histoires de super-héros, voilà bien ce qui au fond n'est pas tolérable: ce 'de justesse'. Les super-héros sont systématiquement sauvés de justesse. A force de tant défier les lois de la probabilité, cela en devient vraiment déprimant, comme une insulte persistante à l'intelligence. Je ne peux éprouver ni tendresse véritable ni sympathie pour ce genre de robots toujours artificiellement sauvés de justesse. Des robots? Pas des hommes en tout cas. Du coup – du coup, mais allez vraiment savoir pourquoi – je me rappelle une phrase de C. qui m'avait, à l'époque où il l'avait prononcée, extraordinairement troublé. Nous avions vingt ans, et, la soirée s'imprégnant d'un soupçon de nostalgie, nous en étions arrivés à ce point où ...

L'ignorance est un moteur puissant

Il ne faut pas connaître trop tôt les grands chefs d'oeuvre –  moi Doctus Monkey, j'en suis intimement persuadé. Jusqu'à l'âge de 20 ans, je n'avais rien lu ou presque. Cela me semble a posteriori une chance inouïe. Pour débuter, pour traverser sans trop d'encombre le temps nécessaire aux premiers pas, il faut être suffisamment naïf, suffisamment aveugle. Si j'avais, à dix-sept ans déjà, lu et apprécié 'Les frères Karamazov', 'Nostromo', 'Sartoris' et 'La Conscience de Zeno',  comment mes balbutiements littéraires de l'époque auraient pu à mes propres yeux tenir un tant soit peu la route? Or il le fallait. Il le fallait car cette route est longue. Et si dès le premier jour, tu sais exactement tout ce qui te reste à faire, c'en est fini, fini de tes chances: tu te retrouves les jambes coupées jusqu'au haut des hanches. Je me souviens d'un camarade à Normale Sup' dont j'enviais la culture ébou...

Au commencement du livre. Abstraction du processus d'écrire – le grand arbre de tous les livres.

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Plaçons-nous au premier jour du livre d'Elmo. Voilà la situation initiale: je veux écrire un livre, comment m'y prendre? Moi Doctus Monkey, je veux aborder le problème à ma façon. Qui consiste à faire jouer les forces de l'abstraction mathématique. Je commence donc par réfléchir aux livres et aux écrivains, à la manière dont je réfléchis en géométrie aux triangles, ou, en algèbre, aux groupes de Lie. C'est à dire que je veux m'abstraire, prendre de la hauteur, voler au dessus de chaque livre, de chaque écrivain. Pour voir ce qu'ils sont réellement. En somme mettre au jour la 'structure' de livre et celle d'écrivain, comme un mathématicien met à jour la structure de groupes ou celle d'anneau commutatif. Ce qui représente réellement une tentative de lévitation. Prenons l'exemple du triangle: à partir de l'observation de quelques spécimens, j'essaie de me hausser au dessus de chacun d'eux, l'effacement des particularités...

Roger Federer vous fait croire en l'éternité.

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Je pensais en avoir fini avec ma (courte) série d'articles consacrés au tennis mais...  Je ne peux résister à la tentation d'en ajouter un nouveau car, contre toute attente, à presque 38 ans et sur sa surface la plus faible, RF s'est qualifié pour les demi-finales du tournoi de Roland Garros au terme d'un magnifique combat contre Stan Wawrinka. Comme me l'écrit mon ami Christophe, il va nous faire croire que le rêve ultime est accessible: gagner RG en jouant l'attaque à outrance - car cette année, contrairement à 2009, il tergiverse très peu du fond du court... Avant cela, bien sûr il faudra vaincre Nadal: cela paraît très improbable... J'ai bien peur de deviner ce qui va se passer vendredi: Nadal pilonne le revers de RF à grands coups de lifts hyper bombés en attendant la faute. Zéro créativité, efficacité maximale. J'espère me tromper: s'il parvenait enfin à battre RN dans son jardin, cela constituerait sans nul doute un point culminant d...